Comment allons-nous, tous ?

Cela fait longtemps que je me dis »partage tes données »… Ce qui m’a été donné doit être partagé, la roue tourne et la vie, ainsi, se dit, prend des formes nouvelles et s’amuse dans la diversité.

Ça je le sais. Mais par où commencer ? L’intensité de ce que l’on vit est telle que tout et son contraire se bousculent… comme toujours, vous me direz. Cette fois-ci c’est exacerbé ! Est-ce lié à la maladie, au décompte des morts, au confinement, à la nécessité d’une attestation dérogatoire de déplacement pour la moindre sortie, à l’abandon de son poste professionnel, à la chute inexorable de son entreprise…? Je ne peux en faire la liste complète. Ce que je peux faire, en revanche, c’est remarquer un point commun à ces situations : la peur. Le merveilleux et l’horreur se côtoient. Est-il possible de parler de la Nature qui « reprend ses droits » si, à côté, la liste des morts s’allonge ? Est-ce pour cette raison que les médias font le choix de la peur seulement ? Est-il permis de dézoomer pour avoir une vue autre ? J’en ai bien l’envie… J’ose !

Si on reprend les évènements de façon chronologique, on arrive en Chine : une maladie liée au COVID-19 se répand et entraine le choix d’un confinement pour maîtriser les cas pulmonaires graves. Les états touchés par la suite, font le même choix. Bien ? Mal ? Ce n’est pas là que se porte notre intérêt. Je pense qu’il vaut mieux « faire avec » et, honnêtement, reconnaître que si les gouvernements n’avaient pas fait ce choix, on les jugerait aussi. Je trouve plus pertinent de prendre la vie comme elle vient et de voir ce qu’elle nous propose. C’est « faire avec ».

On a plus l’habitude de « faire sans » ou de « faire contre ». Juger c’est entrer en conflit et donc le vivre intérieurement ; ça fait les dégâts que vous connaissez…, dégâts qui se résument à un mot : peur. Et oui, c’est toujours elle qui engendre la douleur. Physique, psychique, relationnelle, professionnelle… elle n’a pas de limite et s’adapte à tous les supports ! C’est elle qui se cache sous le masque (trop drôle en ces temps de camouflage !) de la tristesse, de la colère, de la culpabilité… Le traitement de l’information par le regard apeuré est partout. Point besoin de le souligner. Alors comment la voir autrement ?

Avec ce qui vous traverse : autorisez-vous de ressentir ce que vous ressentez, de l’observer et, sans le juger, d’écouter le cheminement habituel de votre pensée. C’est tout. L’émotion informe du « comment vous vivez intérieurement la situation ». Le but ici, n’est pas de nourrir ce « pourquoi vous le vivez de cette façon là ». Non. Le but est de remarquer en vous, de faire le constat de ce comment. C’est tout. Cette étape est nécessaire pour accéder au « défaire »…, sans rien faire (!). C’est l’heure de faire des découvertes. L’observation permet vraiment de soulever la couverture de l’habitude. Dessous se cache une autre vérité : Vous. Nous. Le Réel.

Une image : Nous voici sur un tournage. Le producteur, le réalisateur, le scénariste, les acteurs… vous jouez tous les rôles. Prenez le temps de vous immerger dans chacun. L’acteur est supposé incarner le personnage de la situation inventée par le scénariste – grâce aux caractères et au scénario -, le réalisateur la rendant réelle et le producteur permettant son existence finale ! En tant qu’acteur vous avez le « nez collé au texte » : pas de recul possible. C’est vous dans votre quotidien, vous confiné.e (peu importe le comment vous le vivez : c’est le scénariste qui l’a choisi pour vous, aidé du réalisateur pour le mettre en forme !), vous révolté.e – « J’avais de beaux voyages de prévus et là tout est annulé ! » ou « Pas de sortie, pas d’ami, seul.e avec mes parents, je pète un câble ! »-, vous apeuré.e – « Si je sors faire mes courses et que je chope le virus…, je peux mourir ! »-, vous culpabilisé.e – « Je viens vous voir (en soin, bloquée avec une douleur insupportable !) mais sûrement que d’autres personnes sont plus nécessiteuses que moi ! »-, vous attristé.e – « Les pauvres soignants qui sauvent des vies et qui n’ont pas le matériel nécessaire ! »… Vous voyez, l’acteur en vous ? On continue avec le scénariste : c’est vous. Vous qui choisissez de « tester », de « vivre » ces situations, vous qui écrivez tous les scénarios du quotidien. Et pour y croire vraiment, rien ne vaut l’expertise du réalisateur : la mise en scène est cruciale, donnant foi au jeu des acteurs. Costumes, décors, météo, angle de vue… tout est vu, calculé, tout est passé au peigne fin. Grâce à l’énergie déployée, l’argent dépensé, le film est produit, finalisé…, et tada (roulements de tambour)… le film de votre vie est projeté ! De Notre vie (on y croit plus en miroir !). Le film, cette bande neutre sur laquelle une histoire se grave, histoire qui semble vraie, réelle. En vérité, une parmi d’autres. C’est tout. Le Neutre permet la variété d’histoires ; il fait toute la différence.

Il est donc important d’observer notre émotion – notre jeu d’acteur, notre scénario -, sans s’y attacher… Elle va disparaître une fois son rôle joué, une autre prenant place et ainsi de suite… D’où l’importance du dézoomage ! On observe et, sans rien faire, l’émotion, aussi désagréable soit-elle, disparaît… Top ! Si on réalise par l’observation que ce sont toujours les mêmes scenari que l’on projète, il est temps de s’arrêter…, et d’arrêter ce processus répétitif douloureux. Épuisant de dépenser son énergie contre soi-même ! Si je joue le même rôle, est-ce parce que j’y trouve un intérêt ? est-ce parce que je suis persuadé.e que je n’ai pas d’autre choix ? est-ce parce que je n’avais jamais dézoomé et donc jamais vu mon comportement ? Ai-je remarqué la fatigue ressentie à chaque fois ? Qui est ce « je » ? Et si j’étais la bande neutre ? …

Ce que je trouve génial en ce moment, c’est la diffusion du film actuel : mondial, s’il vous plaît ! Tous projetons le même film ! Et pour cause, tous devons avancer main dans la main. L’argent – l’art des gens-, reste l’outil qui unit, qui permet l’échange de savoir et savoir-faire entre nous, et non le but à atteindre. Ça fait longtemps que ce projet est sur le feu… le tout est de ne pas nous y brûler encore ! Notre-Dame de Paris, l’Amazonie, l’Australie…, ça suffit, non ?

Alors une seule question : est-ce clair ? Sommes-nous prêts à entendre le message que nous envoyons à nous-même ? Nous est aussi réalisateur et producteur, ne l’oublions pas ! L’éclairage est parfait : « assez fort » pour ne pas l’ignorer et sans « trop » s’éblouir, s’aveugler… Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver. C’est l’humain qui doit grandir ! Se réveiller…, depuis toujours la Terre accueille les âmes pour les faire grandir en conscience. Rien de neuf. En ce moment l’humain tient compte de l’humain par obligation, par peur… et la planète montre un autre visage aussi : Venise, les centres-villes… un équilibre en perspective ? Vous connaissez le « Tel en dedans, tel en dehors » ? Quand l’humain prend soin de lui intérieurement, ça se voit à l’extérieur : le contraire aussi. Nous sommes la planète (pensez à l’image du film…).

J’aime le « vivre ensemble ». Ceux qui me suivent savent que je signe souvent « toujours ensemble »… Je ne suis pas contre un copier-coller de ce « toujours ensemble » dans tout ce qui est entrepris. Je crois que c’est une prise de conscience basique : « Tout seul.e on va plus vite, ensemble on va plus loin ».

Alors prêts pour ce « Tous, toujours ensemble » ?

Au plaisir de lire vos retours, vos réflexions et d’échanger avec vous,

Nicole

PS : Pour ceux qui ont besoin d’être accompagnés, la formation « Comment vivre libre, sans peur de la maladie ou de la mort ? » est toujours accessible ici .


14 réflexions sur “Comment allons-nous, tous ?

  1. Jolie réflexion, merci Nicole 😊 Choisir d’être l’Acteur de sa vie…. c’est en effet à nous de faire nos choix. Et on a la chance de vivre dans un pays où l’on est libre de faire ses propres choix. Confinés mais autorisés à sortir de chez soi pendant 1h, sans risquer de prendre une bombe tombée du ciel …
    Savoir Relativiser c’est me semble-t-il un beau cadeau à se faire. Ok ça vient pas du jour au lendemain, il y a des jours où s’est compliqué mais on a le droit d’essayer un petit peu tous les jours. Et si on s’offrait un carnet pour noter chaque jour son ou ses nouveaux choix et ses envies en tant que réalisateur de sa vie ?🎁😉☀️

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    1. Merci Anne-So ! Le carnet est une bonne idée : il fait prendre conscience au quotidien de nos actions, nous encourage lors d’un jour off par une lecture du « hier » inscrit précieusement et, avec le temps, montre nos avancées ! « petit à petit on devient moins petit. « 

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  2. Merci Nicole pour ce dezoomage ! Cette période particulière est riche d’enseignement en ce qui me concerne. Je n’aurais pas imaginé pouvoir la vivre avec autant de sérénité. La peur, la résignation puis aujourd’hui la paix et l’accueil…Toutes ces années d’accompagnement portent enfin leurs fruits. Un grand merci…..

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  3. Salut Nicole j’espère que ça va pour vous et vos proches ,
    La situation est parfois surréaliste selon le niveau où on se situe ,bref on expérimente .
    Merci pour ton partage instructif
    Bises catherine

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  4. Quel élan.. Haut en couleurs et inspirant. Merci Nicole pour ces mots et le partage qu’il offre Ce confinement est paradoxal. J’y fais l’expérience intense d’un ‘retour à soi’, comme un espace temps traversé mais mon corps montre encore des résistances. Je les accueille sans juger. J’ai lu qu’ inviter sa tristesse ou ses émotions à prendre le the quelques minutes pouvait aider à y faire face..
    J’ai la chance de vous avoir vu en séance au tout début du confinement. Même si le nerf n’est pas tout fait débloqué dans mon bras droit vous avez jeté sur moi quelques ‘pincées de votre art’. À bientôt. Laurence

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  5. Quel bonheur de te retrouver ma Nicole ! En ces temps de douceur, ou le temps s’étire pour me permettre d’être, là, telle que je suis. Je suis heureuse, savourant ce temps de pose avec délectation, en paix, sereine… Vive la plénitude !! Merci.

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